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Soutenance de Juliette Keohane
Valoriser l'héritage productif le patrimoine industriel comme levier de transformation productive et territoriale de la santé. le cas du textile en France
Dirigés par Benjamin Cabanes
Soutenance prévue le 7 mai 2026 à 9h30, à Mines Paris PSL, 60 boulevard saint Michel, 75006 PARIS.
Résumé :
Cette thèse analyse la mutation stratégique du patrimoine industriel français, désormais mobilisé non plus seulement comme objet de conservation mémorielle, mais comme levier de réindustrialisation territoriale. Face à la désindustrialisation des systèmes productifs historiques depuis plus de soixante ans, elle étudie la manière dont des acteurs émergents (marques du « Made in France » et associations de filière) parviennent à reconfigurer des ressources productives distribuées afin de construire des modèles de production durables.
Mobilisant les cadres théoriques de la gouvernance territoriale, de l’Innovation Through Tradition et des systèmes productifs, la recherche repose sur une méthodologie qualitative multi‑cas menée au sein de la filière textile, à travers des études portant sur la laine, la chaussure, le denim/jean et la confection. Cette analyse est enrichie par une immersion CIFRE réalisée entre 2021 et 2024.
Les résultats montrent que les transformations observées se jouent moins au niveau des entreprises individuelles qu’à l’échelle sectorielle et territoriale, encore peu explorée en sciences de gestion. Trois contributions principales émergent. Premièrement, la thèse souligne le rôle stratégique des intermédiaires territoriaux dans la coordination des ressources locales. Deuxièmement, elle met en évidence la narration comme un outil central de captation et de partage de la valeur, dépassant une fonction strictement marketing. Troisièmement, elle révèle le rôle d’orchestration assuré par les marques émergentes, notamment dans la définition de nouveaux standards de qualité et de durabilité, au‑delà des relations client/fournisseur traditionnelles.
Sur le plan théorique, la thèse propose une typologie de gouvernance pragmatique territorialisée et défend l’existence de formes organisationnelles hybrides, dépassant l’opposition classique entre filière (logique verticale) et écosystème (logique horizontale). Sur le plan managérial, elle met en lumière l’importance de nouveaux savoir‑faire stratégiques (collaboration, pédagogie, maîtrise des outils numériques et de la communication), complémentaires aux compétences techniques et industrielles. Enfin, du point de vue des politiques publiques, la recherche invite à dépasser les dispositifs centrés sur la seule valorisation patrimoniale, la proximité géographique ou l’accompagnement de l’entrepreneuriat individuel, pour privilégier des initiatives collectives et territoriales. Elle plaide ainsi pour une compréhension nouvelle des partenariats public‑privé, conçus comme des dispositifs collaboratifs associant collectifs d’acteurs, organisations territoriales et communautés de consommateurs engagées autour de valeurs partagées et d’objectifs de développement à long terme.
Mots clés : Eco-innovation, éco-conception, outils de gestion, appropriation.
| Sophie HOOGE | Mines Paris PSL | Rapporteure |
| Gilles GAREL | CNAM | Rapporteur |
| Olivier BOUBA-OLGA | Université de Poitiers | Examinateur |
| Colette DEPEYRE | Université Paris Dauphine PSL | Examinatrice |
| Vanessa WARMIER | IAE de Lille | Examinatrice |
| Benjamin CABANES | RMIT University | Directeur de thèse |
Mots-clés : Patrimoine industriel, Intermédiation territoriale, Innovation à travers la tradition, Écosystèmes, Filières durables
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