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Quels apports de l’IA dans la gestion de la personnalisation du parcours patient ?

Présentation de l'interviewé : Après avoir conclu le cycle ingénieur polytechnicien par un master de recherche en gestion de l’innovation en alternance avec un cabinet de conseil, j’ai souhaité poursuivre une thèse par défi intellectuel et pour ce que mes efforts pourraient apporter à la société. Je suis donc rentré comme doctorant au CRG, en octobre 2020, grâce à une thèse proposée par le Professeur Etienne Minvielle dans le cadre de la chaire Sanofi « IA-Santé » à l’École polytechnique.

 

Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?

L’apport de l’Intelligence Artificielle dans la gestion de la personnalisation du parcours patient est loin d’être évident. Malgré la sensation de nouveauté et les discours prométhéens, les avancées techniques dans la « data » s’inscrivent dans des trajectoires historiques qui relativisent leur potentiel espéré. S’ajoute la complexité du secteur de la santé avec son écosystème fragmenté, des acteurs à géométrie variable, les limitations règlementaires et éthiques à l’innovation… De nombreuses dimensions méritent d’être prises en compte pour intégrer le développement technique afin qu’il serve notre propos : améliorer la prise en charge du patient.

Ce projet s’inscrit dans la continuité des travaux d’Etienne Minvielle dont le récent ouvrage, Le patinent et le système, aux Editions Seli Arslan (2018), m’ont permis de comprendre les enjeux de la personnalisation dans le parcours de santé. Il s’agit de poursuivre une volonté qui accompagne la médicine dès ses origines, c’est-à-dire la meilleure prise en charge du patient possible, de façon égalitaire et -j’ose le dire- fraternelle, tout en étant conscient des contraintes que cela impose. Le génie d’Etienne consiste à approcher la personnalisation comme une opportunité pour résoudre les problèmes que connait le système de soins actuel au lieu d’une énième contrainte. Comment la technologie peut servir ces propos ? L’équation est loin d’être simple, ce qui me motive d’autant plus !

Quelles évolutions voyez-vous pour ce projet ?

J’en suis au début de mes recherches, commencées en octobre 2020. La construction théorique actuelle permet de faire ressortir la complexité et donc la richesse du sujet. Plusieurs terrains sont envisagés afin d’amener des éléments concrets au débat.

Parmi ces chantiers, un MODAL va commencer en mars avec un binôme d’étudiants polytechniciens et une équipe au Health Data Hub pour mettre en place une méthode d’évaluation des dispositifs de santé en routine.

Aussi l’Institut Gustave Roussy se prête-t-il à de nombreuses expérimentations dans la personnalisation de la prise en charge, notamment avec le projet PEPON en partenariat avec le CHU de Lausanne. Ce sont des terrains d’analyse et potentiellement de « recherche-intervention », la spécialité du CRG !

Dans le futur proche, je souhaite mobiliser les acquis de ma formation pour étudier une notion complexe par ses frontières floues, sa multi-dimensionnalité et sa rapide évolution. Je pense que la délimitation de mon sujet à la gestion de la personnalisation du parcours de soins (outre le potentiel intérêt sociétal) est un point d’encrage nécessaire pour éviter de partir tous azimuts. Il s’agit de faire un modeste petit pas de plus dans la compréhension du monde.

Tout comme mon directeur de thèse me le transmet au quotidien, j’espère pouvoir partager à mon tour l’enthousiasme et l’envie de la découverte scientifique qui m’anime ! De même, je serais très heureux si les terrains que je mobilise avec Etienne Minvielle permettront au laboratoire de se rapprocher du monde de la santé, un secteur à fort potentiel pour la recherche en gestion.

 

Lien vers une publication, un support interactif, un site personnel : (« Work in progress » comme dissent les anglais)

 

Propos recueillis par Marie Claude Cléon