En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies destinés à améliorer la performance de ce site et à vous proposer des services et contenus personnalisés.

X

Musique

Un certain nombre de notions ou de domaines concernant la musique peuvent donner lieu à une réflexion collective, soit dans le sens d’une appréhension fine d’un « problème d’envergure », soit dans l’élaboration d’un « démonstrateur technologique innovant ».
NB. Pour ce dernier aspect, les élèves doivent impérativement penser à une double direction.

- la matière / la matière sonore. Depuis l’Antiquité on s’interroge sur ce qu’est le son, et l’acoustique ne naît qu’au XVIIe siècle. Le travail du son, quant à lui, suppose un imaginaire de ce que l’on appelle « matière » - ou matière sonore. Conception qualitative de la matière (les quatre éléments, en lien avec la voix), questionnement sur la lumière (le son, métaphore de la lumière, ou inversement)…. ; conception de ce que l’on appelle nature - nature vivante et magique pour expliquer le phénomène de l’écho, conception mystique du son comme rencontre du matériel et de l’immatériel, lieu privilégié d’un contact avec les morts ; conception mathématique et proportionnelle du nombre sonore, conception acoustique et physique du son à partir du XVIIe siècle, apprivoisement difficile de la notion de résonance, parce que nécessitant des nouveaux concepts… ; travail sur la matière sonore et son élaboration (notion de matériau dans la musique du XXe siècle, notions de thème, de motif, de masse sonore, de texture, etc. ), autant de questionnements sur ce que l’on appelle « matière ». Chaque œuvre s’empare à sa façon du problème. Tout ceci existe en contrepoint des notions travaillées en science expérimentale.

- le mouvement Saint Augustin, dans le De Musica, définit la musica comme la « science du bon mouvement ». Reste à savoir ce que l’on peut appeler ainsi. Comment on le mesure, (discrétiser, mais comment ? étalonner, mais comment ?) Comment on le produit (par le geste ? mais quel geste ?) Est-il continu, discontinu ? L’infini dans le domaine sonore ? Qu’est-ce qu’un processus ? Le mouvement sonore et l’espace ? Comment comprend-t-on le phénomène « mouvement » (quelle cause a-t-il ? etc.) Qu’est-ce qu’un bon mouvement ? Le passage par le visuel est-il nécessaire ? etc. Comment noter un mouvement musical ? Chaque œuvre y répond à sa façon.

- le temps. La musique est l’un des lieux où l’on interroge ce qu’est le temps. On a élaboré (avec difficulté) tout un système de mesure du temps, par la notation. Mais le temps ne s’y réduit pas. Temps vécu, instant, éternité (Schubert, Messiaen), répétition, superposition de couches temporelles incommensurables, hiérarchisation des phénomènes sonores ; vitesse, tempo, battue, mètre, rythme ….

- musique et nouvelles technologies. La numérisation du son et de l’image a bouleversé le rapport traditionnel qu’elles entretenaient, en permettant de les appréhender sous un même code, ou par un même support. Cela entraîne des questions nouvelles : quel est le rapport entre ces sons et l’enregistrement, qui est comme une image de la musique ? Quel est le rapport entre ces moyens et le corps humain, et tout ce qui n’est pas intégralement numérisable ? Des artistes s’emparent de tout cela et en jouent : œuvres supposant des interactions entre un être humain et un dispositif machinal ; œuvres cherchant à jouer sur l’illusion, etc. On peut travailler cela de diverses façons : plus notionnelle (imitation, illusion, réel, etc. ; les interactions son/vue etc. ; qu’est-ce qu’une « machine » ?), ou plus technologique.

- approche cognitive de la musique. Les sciences cognitives interrogent la musique, selon des protocoles variés et pas toujours bien maîtrisés au niveau notionnel (limite musique/parole ; qu’est-ce qu’une émotion musicale ? qu’appelle-t-on synesthésie ? quelles notions pertinentes pour parler de rythme ? Y a-t-il des universaux dans la perception humaine ? etc.) On peut essayer de travailler les notions utilisées, ou bien chercher à imaginer des protocoles d’expérience faisant appel à un savoir-faire technologique.

Ces pistes ne sont pas exhaustives. On peut penser à des questions plus philosophiques (qu’est-ce que la vérité scientifique/artistique ? temps et mémoire ; matière et mémoire, etc., etc.). Elles ne constituent pas des sujets, mais plutôt des champs de réflexion.
Les élèves doivent identifier des objets précis (œuvres ; notions ; faits scientifiques ; époques, textes de référence…) qui constitueront la base sur laquelle portera la réflexion collective. Ils sont invités à le faire à partir de leur domaine de compétence scientifique propre. Il faut, en parallèle, formuler la question, la problématique qui sera travaillée (elle est étroitement liée aux objets choisis).
Il faut identifier la bibliographie de base sur le sujet. Bibliographie fondamentale que tous doivent maîtriser ; bibliographie pointue sur un domaine précis dont chaque membre du groupe pourra rendre compte aux autres. Elaborer la constellation notionnelle qui devra être travaillée.
Et ensuite, imaginer les chapitres ou les points de passage obligés pour un rendu collectif !