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Axes de recherches

Par son approche interdisciplinaire des enjeux posés par les relations entre ciences, technologies et sociétés, le LinX s'inscrit au coeur de l'identité spécifique de l'École polytechnique, tout en anticipant la structuration d'un espace de recherches en humanités et sciences sociales sur l'Université Paris-Saclay.

Les interactions contemporaines entre sciences et sociétés échappent le plus souvent aux objets autour desquels des spécialités disciplinaires se sont structurées au XXème siècle. De fait, ces interactions relèvent davantage d'enjeux transversaux. Le  LinX  relève ce défi en rassemblant différents champs d'investigation au sein d'une même unité afin de  décentrer un certains nombres de questions cruciales et de développer des problématiques et méthodes originales.

Un objectif fort est ainsi de concevoir de nouvelles configurations des savoirs en interfaces entre sciences et techniques et sciences sociales par la convergence, la sédimentation et de le développement de nouvelles approches interdisciplinaires en sciences humaines et sociales.

Afin de faire face aux questions que posent aujourd'hui les interfaces entre sciences, technologies et sociétés, ce projet de laboratoire est davantage structuré par des enjeux transversaux et la pratique de la transdisciplinarité que par des objets disciplinaires eux-mêmes.

 

Axe 1. Les disciplines en question

L'identification des enjeux posés par les évolutions scientifiques, techniques et sociales du présent a tout d'abord pour objectif de questionner les objets, méthodes et valeurs des différentes disciplines dans l'ensemble des champs du savoir. Quel est l'objet exact de chaque discipline ? Est-il fondé ? Comment est-il défini ? Comment s'articule-t-il aux autres ? Comment fonder les nouvelles organisations des savoirs et d'une cognition étendue qui se dessinent aujourd'hui ? En développant des thématiques que les spécialités disciplinaires n'abordent pas, les recherches menées dans ce laboratoire auront aussi pour objectif d'innerver en profondeur les travaux disciplinaires de chacun des chercheurs impliqués.

Interroger les cloisonnements disciplinaires à partir des évolutions scientifiques, techniques et sociales du présent est une originalité forte de ce projet de laboratoire au regard des unités de recherches existantes sur des thématiques STS, dont les orientations sont souvent dominées par l'épistémologie, l'histoire et/ou la sociologie. Il s'agit ainsi de reprendre possession de ce champ de questionnements en l'ancrant dans un espace intellectuel inédit à l'interface de différentes spécialités de sciences sociales.

Les recherches impliquées dans le projet permettent en effet de croiser les éclairages sur des innovations et créations dans différents champs (sciences, technologies, économie, industrie, mondes des représentations littéraires et de l'art, etc.) et différentes organisations collectives (entreprises, organisations, réseaux et clusters, systèmes juridiques etc.) en combinant des outils issus de traditions disciplinaires complémentaires: histoire  (F. Brechenmacher, A. Dulphy, J.Y. Grenier,  Y. Vincent), philosophie  (D. Astor, M. Foessel, C Fleury), études littéraires (J. André, I. Schaffner, N. Wanlin), transferts culturels (E. Godelier), sciences politiques (V. Martigny, T. Lindemann), neurosciences cognitives (Y. Frégnac),  sociologie (P. François, C. Le Renard), histoire des arts (T. Schlesser, V. Anger), architecture, urbanisme et développement durable (K. Basbous, X. Bonnaud).

 

Axe 2. Individus, sciences et sociétés

Les recherches de cet axe sont structurées par la problématique cruciale de la tension entre l'individuel et le collectif dans les évolutions des savoirs, leurs organisations, et plus généralement dans les interfaces entre sciences, technologies et sociétés.

Comment créations et innovations émergent-elles ? Dans quels espaces et quelles temporalités sont-elles appropriées ? Ces temps et espaces s'identifient rarement  aux catégories habituellement considérées par les sciences sociales (institutions, nations, champs, réseaux d'acteurs, etc.) et ne se laissent le plus souvent pas enfermer dans les dichotomies entre science et social, sciences pures et appliquées, milieux académiques et industriels, etc. Au contraire, les espaces de circulations des pratiques et savoirs délimitent souvent des cultures scientifiques transversales aux différentes disciplines centrées sur des objets. De nouvelles oeuvres créent par ailleurs leurs propres temps en complément des rythmes fixés par leurs supports matériels de diffusions.

De nombreuses questions restent ouvertes quant à l'identification précise de tels temps et espaces et leurs articulations avec les thématiques disciplinaires et organisations sociales. Répondre à ces questions est l'un des grands défis que posent aux sciences sociales les études sur les sciences et les technologies, leurs enjeux éthiques et leurs impacts politiques et institutionnels.

Ce défi appelle notamment à analyser les rythmes du présent, c'est à dire la manière dont interfèrent le temps social, le temps technologique et le temps de l'expérience. Cette approche permettra d'éclairer les liens entre les phénomènes d'"accélération"  et de modernité, de la découverte du principe d'inertie à l'informatisation des outils de la finance. Quels sont les problèmes politiques posés par cette condensation du temps ? Comment réconcilier les rythmes de l'action et ceux de la vie ? Est-il possible de penser le temps long des institutions malgré ces évolutions ?

Mais ce défi appelle aussi à problématiser certaines catégories cruciales pour la compréhension du monde contemporain, telles que les notions de culture/ multiculturalisme ou de nation/globalisation. Quelles sont les nouvelles physionomies du lien social dans un réel qui bouscule les représentations classiques des frontières, entre disciplines comme entre sciences et sociétés ? Comment articuler une théorie de la justice et des normes à l'apparition de nouvelles exigences en matière d'échanges d'information et de biens ? Qu'en est-il du monde de la "mondialisation"  ?

Ces questions seront abordées en considérant de manière transversale les champs des sciences mathématiques et de la technologie (F. Brechenmacher, Y. Vincent, C. Le Renard),  de la politique (A. Dulphy, V. Martigny), du cosmopolitisme (M. Foessel), de l'écologie (C. Fleury), de la sociologie des intellectuels (P. François), des oeuvres musicales (V. Anger), de l'architecture (K. Basbous), des relations internationales (T. Lindemann). Un champ d'application nouveau sera exploré par Y. Frégnac, au travers des recherches grande échelle concernant les interfaces cerveau-machine et la simulation du cerveau humain. Le développement de technologies et méthodes nouvelles chez des patients humains aboutissant à une coadaptation de la structure et du codage interne du cerveau à un répertoire spécifique d'actions sur l'environnement pose des problèmes éthiques encore largement ignorés.